Compte-rendu d’audience : Face à la militarisation, organiser l’école contre la guerre

Une délégation de la FNEC FP-FO a été reçue au ministère le 6 mai. La délégation a rappelé à cette occasion, l’attachement de notre fédération à la mission d’instruction qui fonde l’École publique dans notre pays, et a réaffirmé à ce titre notre refus de toute mesure tendant à militariser l’École dont le rôle n’est pas de préparer nos élèves, nos étudiants à la guerre, de même que de toute propagande militaire sous quelle forme que ce soit, dont nous considérons qu’elle n’a pas sa place au sein des écoles, collèges, lycées et lycées professionnels comme au sein de l’Université.   

A cette occasion, la délégation a alerté les représentants du ministre sur des dérives constatées dans certains départements, comme par exemple lors de « rallyes citoyens » où des élèves ont été placés dans des situations encourageant le recours à la violence, ou comme en Côte d’Or où l’intervention de la gendarmerie dans un collège, devant initialement porter sur le cyber harcèlement a finalement donné lieu à un cours sur les armes, durant lequel a été présenté aux élèves un panorama des différentes sortes d’armes existantes et des utilisations qui pouvaient en être faites selon les circonstances. […]

Ils ont alors insisté sur « la nécessité de cadrer la nature des interventions pour qu’elles correspondent bien aux enjeux de l’éducation à la défense », précisant qu’elles « doivent avoir lieu en présence de l’enseignant ». Ils ont dit leur accord sur le fait « qu’on ne souhaite pas que les élèves portent des armes » ou encore que « l’école n’est pas un organisme de pré-recrutement », de sorte qu’il convient que « les partenaires (…) sachent dans quel cadre leur intervention s’inscrit » et que « ce n’est pas parce qu’on a affaire à un partenaire ministériel (le ministère des armées) qu’on ne doit pas avoir les mêmes exigences qu’avec les partenaires éducatifs ». 

Mais sur le fond, le ministère ne satisfait aucune de nos revendications : Que ce soit sur l’arrêt de l’intervention de militaires au sein de l’école, la fin des stages ou PFMP au sein d’unités militaires, la fin des avantages octroyés pour les « volontaires » du service national (notamment dans l’examen du dossier sur Parcoursup), l’abrogation de ce SNV et l’arrêt de sa promotion au sein des établissements scolaires…  […]

C’est donc clair : la pression exercée sur l’École pour la soumettre à la marche à la guerre et préparer nos élèves à une « guerre majeure de haute intensité » (Revue nationale stratégique 2025), va se poursuivre et s’amplifier. 

Face à cette situation, les personnels, les jeunes organisent la résistance et opposent leurs revendications : les personnels du collège Jean Lolive de Pantin (Seine-St-Denis) dans l’unité avec les syndicats ont adopté une motion précisant “Qui veut la paix, prépare la paix. Nous voulons arrêter cette politique d’armement qui détruit nos services publics”. Dans plusieurs départements, comme en Côte d’Or ou en Essonne, des initiatives similaires ont eu lieu. A Caen et à Pont-Audemer, des centaines d’élèves se sont rassemblés devant leurs établissements contre les suppressions d’options et des heures de cours. 

Ils ont raison ! La FNEC FP-FO se tient aux côtés de tous ceux, personnels, parents, lycéens, qui refusent la marche à la guerre, la militarisation de la société, de l’école et l’embrigadement de la jeunesse. Elle soutient et appelle à multiplier toutes les initiatives dans ce sens, afin de réunir les conditions du rapport de force qui contraindra le ministère à répondre aux revendications :